Ci-gît un homme méritoire
Il suffit de trois mots pour célébrer sa gloire :
Il en avait.
Et son sang n'était pas un sang de vil navet.
Il en avait, comme son père,
Comme son père et son grand-père;
Car le cran, c'est héréditaire.
Il en avait, oui, il en avait, diantre !
Il en avait, du cœur au ventre.
Publié par dupilet à 19:04:51 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
J'aime les mots qui claquent fièrement
Comme des étendards fouettés par le vent,
Le vent de l'aventure,
Le vent doux, le vent dur,
Le vent, le vent..., enfin, le vent.
J'aime les mots qui sonnent, qui résonnent dans l'air
Les mots qui sonnent haut, les mots qui sonnent clair.
Ainsi, quand j'entends Carcassonne,
Ah ! Carcassonne !
Arrête, je t'en prie !
Cesse tes sonneries!
C'est vrai, il nous rendrait malades
Avec ses carcassonnades !
Publié par dupilet à 19:27:30 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai reçu naguère un bien-pensant
Qui m'a parlé aimablement :
- Je suis venu, cher monsieur, pour vous égorger
Car nous vous avons jugé
Comme n'étant pas des nôtres.
Vous récitez des patenôtres,
Et votre dieu n'est pas le bon.
Ainsi, vous mangez du jambon...
- Ça m'arrive, en effet,
Mais je mange aussi de la vache sacrée
Et même de son compagnon
Sous forme de bœuf bourguignon
Il aiguisait une lame tranchante
- Ce n'est pas que ça m'enchante
De vous exécuter.
J'aimerais bien vous épargner;
Si seulement vous consentiez
A vous convertir...
- Vous, je vous voyais venir.
Bon, si vous insistez,
Je me convertirai.
Il se jeta sur moi en perdant ses babouches:
- Dans mes bras, mon cher coreligionnaire!
Dans mes bras, mon ami, dans mes bras, mon cher frère!
- Doucement, doucement! Ah non! Pas sur la bouche!...
Et voilà comment, faute d'être occis,
Faute d'être occis, je fus circoncis.
Vous n'allez peut-être pas croire
A ma petite histoire.
En tout cas, depuis que je suis bienpensantiste,
Je suis tranquille comme Baptiste.
NOTA BENE: cliquer sur CD
Publié par dupilet à 18:24:01 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Il n'y a pas de mots pour dire
A quel point on peut être heureux
De voir un jeune enfant sourire
- Un jeune enfant ou bien un vieux -
Car le sourire est un sésame
Il ouvre la porte des cœurs
Avec bonté avec douceur
Il fait communiquer les âmes
En un ineffable bonheur.
Publié par dupilet à 13:28:18 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Le poète peut - c'est à ne pas croire -
Faire pâlir un noir
Il peut aussi - si c'est son choix -
Faire rougir un Tonkinois
Ou bien faire verdir de rage
Un Russe blanc que l'on outrage
Comme quoi le poète a plus de droits
Qu'un roi.
Publié par dupilet à 13:23:02 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
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