Un ancien comédien du Théâtre Français
Avait une servante qui le nourrissait
De façon approximative.
Accommoder un plat d'endives
Avec de l'eau d'Javel
Plutôt qu'avec de l'huil' d'olive
Pouvait présenter un danger mortel
Mais notre homme était de nature
A juguler des cyanures:
Après queiques jours d'hôpital,
Il revint au foyer natal.
Il était sauf, mais non plus sain.
Sur l'ordre impératif de tous ses médecins,
Il lui fallut se contenter
D'un régime exclusivement lacté:
Du lait, encor du lait,
Toujours du lait.
Alors, il prit à son service
Une plantureuse nourrice
Qu'il téta régulièrement
Jusquà devenir son amant.
L'affaire serait ordinaire
Si Jean* n'était devenu père
D'un beau petit garçon qui tétait sa maman
Cependant que lui, symétriquement,
Tétait avec ravissement.
Que Raphaël n'était-il là
Pour nous croquer ce tableau-là!
*Le Jean Trancen de Fernand Raynaud? Peut-être...
Publié par dupilet à 10:15:43 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Quand je revois
Le beau pays de France,
Quand un Boeing me ramène à Roissy,
J'entends en moi
Les chants de mon enfance:
Il pleut bergèr', compère guilleri.
Revoir Paris,
Mes parents, mes amis,
C'est un bonheur dont je connais le prix.
Quand je revois mon beau pays de France,
J'ai comme un avant-goût du paradis.
Publié par dupilet à 12:38:01 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Qu'est-ce qu'avoir raison?
Le beau sujet de dissertation!
Un étudiant d'Abidjan
Dont le père - un adjudant -
Etait plutôt blanc
Et la mère plutôt noire
Se pencha sur son écritoire.
Il rappela de bout en bout
Que l'homme n'était qu'un bambou
- Un bambou pensant, certes,
Mais un bambou qui déconcerte -.
Le plus faible de la nature,
Comme on dit dans les Ecritures!...
Après avoir disserté longuement
Sur la fragilité de nos raisonnements,
Il déclara imprudemment:
"Toute sainte qu'elle ait été,
Sainte-Beuve s'est bien trompée..."
Le correcteur était croyant:
Il sursauta sur son séant.
Il en oublia sa migraine:
"J'allais lui mettre la moyenne!"
Publié par dupilet à 10:03:40 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Je ne butine que le lys,
Disait l'abeille à son complice,
Un bourdon de la vieille époque,
Celui qui l'avait mise en cloque.
Je ne butine que le lys,
Et si mon miel fait les délices
Des palais les plus délicats,
On peut aussi en faire cas
Chez les plus humbles des Incas.
Publié par dupilet à 10:49:20 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
Tous les homos du canton
-Ils étaient bien une douzaine-,
Sans souci du qu'en dira-t-on
Etaient venus à Rechauffen
Afin de faire honneur
A deux des leurs
Qu'on unissait pour le pire et pour le meilleur.
Les épousés avaient bonne figure,
Et ils ne manquaient pas d'allure.
L'un avait une barbe noire,
L"autre avait une barbe blonde,
Et ils faisaient plaisir à voir
Avec leur mine rubiconde.
La fête, encor, battait son plein
Quand les mariés s'éclipsèrent
Pour retrouver enfin
Calme et douce atmosphère.
Sur le coup de minuit,
Un long cri retentit dans le bourg endormi.
Il provenait de la chambre nuptiale.
La voix était gutturale,
Le ton était de baryton...
"Mamère!", entendit-on.
.
"
Publié par dupilet à 07:11:03 dans Poésies et fantaisies | Commentaires (0) | Permaliens
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